L’avenir est électrisant

Les véhicules électriques (VE) continuent de gagner en popularité au Canada et bien des gens se posent des questions concernant leur incidence à long terme sur l’environnement et le réseau d’électricité.

Alors, à quel point les véhicules électriques sont-ils écologiques?

Dans l’ensemble, les VE ont beaucoup moins de répercussions sur l’environnement que leurs équivalents alimentés aux carburants fossiles. Mais voyons un peu plus en détail ce qui en est. Une chose est claire : quand les VE circulent sur les routes, leur efficacité énergétique est bien supérieure à celle des autres véhicules et leur impact environnemental est très faible, car ils ne génèrent pas d’émissions de carbone. Les VE suscitent généralement des questions en ce qui a trait à leur construction, en particulier la fabrication des batteries, et à l’empreinte carbone de la source d’électricité utilisée. Bien des gens se demandent si le coût environnemental associé à la production des VE l’emporte sur les avantages liés à ces véhicules. Des études ont été menées expressément sur cette question. La réponse courte est que sur le cycle de vie, y compris la construction, les VE sont globalement plus écologiques.

La réponse longue est un peu plus complexe. Les VE ont un plus grand impact environnemental au cours de la construction. Toutefois, leur efficacité énergétique sur la route compense très rapidement cet écart. Des études ont montré que la construction d’un VE intermédiaire génère environ 15 % plus d’émissions que celle d’un véhicule à essence équivalent. Dans le cas des gros VE ayant une plus grande autonomie, les émissions supplémentaires peuvent atteindre 68 %. Ces valeurs sont plus élevées que l’on pourrait s’y attendre, mais il est important de se rappeler la deuxième partie de l’équation – les véhicules électriques à batterie compensent dans un délai de 18 mois sur la route les émissions plus fortes au cours de la construction. Et les modèles à faible autonomie peuvent les compenser dans un délai de six mois – et continuer d’offrir un rendement supérieur à celui des véhicules à essence jusqu’à la fin de leur vie utile.

Mais à quoi les émissions plus fortes associées à la construction des VE sont-elles attribuables? Elles découlent principalement de la fabrication des batteries, qui consomme beaucoup d’énergie et cause de la pollution. Pour fabriquer les batteries des VE, il faut extraire des matériaux très particuliers, comme le lithium ou le cobalt. Toutefois, on s’efforce d’atténuer le problème grâce à de meilleures pratiques et à de nouveaux moyens de gérer les batteries pour prolonger leur vie utile et permettre leur remise en état, leur transformation et leur recyclage. En outre, l’industrie met constamment au point de nouveaux matériaux et de nouvelles méthodes de production pour les batteries afin de réduire les émissions et les répercussions environnementales globales. Comme nous l’avons mentionné, les études montrent clairement qu’un véhicule électrique à batterie n’a plus de répercussions environnementales dès qu’il circule sur les routes. Les véhicules ordinaires entraînent un coût environnemental à la fois au cours de la construction et lorsqu’ils sont en circulation. Ces véhicules rejettent dans l’atmosphère non seulement du CO2, mais aussi d’autres polluants nocifs comme des oxydes d’azote (NOX), qui sont considérés comme cancérigènes. Les véhicules ordinaires ont aussi des effets sur l’environnement physique, car ils laissent tomber sur le sol des gouttes d’huile, de carburant et d’autres liquides dommageables pour l’environnement.

Tout compte fait, un véhicule électrique à batterie génère la moitié des émissions par rapport à un véhicule à essence comparable, même lorsque l’on prend en compte la pollution découlant de la fabrication de la batterie.

L’autre considération environnementale à examiner, c’est le mode de production de l’électricité. Cette question est plus préoccupante dans les pays qui utilisent encore beaucoup de combustibles fossiles pour produire l’électricité. Au Canada, la production d’électricité est beaucoup plus propre, car elle repose principalement sur les filières hydraulique et nucléaire et d’autres sources renouvelables, par exemple l’énergie éolienne ou solaire et la biomasse. Cependant, même dans les pays où l’on brûle des combustibles fossiles, entre autres du charbon, pour produire l’électricité, l’énergie nécessaire pour recharger un VE est nettement moindre que celle consommée par un véhicule à essence. Ainsi, les VE demeurent l’option la plus écologique, en grande partie du fait que leur moteur consomme quatre fois moins d’énergie qu’un moteur à combustion interne.

Si l’on fait abstraction des répercussions environnementales, bien des gens craignent que le réseau ne puisse fournir assez d’électricité pour supporter la charge électrique dans l’éventualité d’une augmentation du nombre de VE et de leur recharge. Là encore, la réponse n’est pas simple. La capacité actuelle du réseau serait suffisante pour des millions de véhicules électriques. Le problème, c’est de faire coïncider le moment où il faut recharger ces véhicules avec le moment et l’endroit où la capacité voulue est disponible. Si l’on branchait des millions de VE en même temps dans la province, cela pourrait aussi causer un problème; si l’on branchait des dizaines de véhicules dans un quartier en même temps, cela pourrait aussi causer un problème. Mais les compagnies d’électricité planifient toujours et s’assurent que le réseau peut fournir aux clients une alimentation fiable. Dans le cadre de cette planification, la plupart d’entre elles investissent dans une « technologie de réseau intelligent », ce qui les aide à gérer la charge et à s’adapter aux augmentations de la consommation. Combinée avec la technologie des VE, qui permet aux individus d’étaler leur demande d’électricité tout au long de la nuit, cette démarche aide à gérer la charge sur le réseau. Comme la plupart des propriétaires de VE rechargent leur véhicule la nuit (et à des moments différents), lorsque la demande globale sur le réseau est plus faible, l’incidence sur le réseau est minime à l’heure actuelle. S’il est possible d’harmoniser la recharge avec la capacité du réseau, on pourra éviter d’avoir à produire davantage d’électricité ou à mettre en place une plus grande infrastructure de livraison.

Les véhicules électriques existent depuis des dizaines d’années – en fait, les premiers véhicules routiers motorisés étaient électriques. Au cours des cinq dernières années, ils sont rapidement devenus une option davantage accessible. À mesure que la technologie continuera de s’améliorer et de perfectionner le processus de construction, les VE deviendront plus attrayants pour ceux qui cherchent à économiser de l’argent et à protéger l’environnement. L’évolution de ces véhicules se poursuivra et un plus grand nombre de constructeurs ajouteront divers modèles à leur gamme de VE. Grâce à tous ces progrès, les transports sont forcément destinés à devenir plus propres que jamais auparavant.

Chroniques et articles de fond concernant Hydro Ottawa, notre industrie et notre communauté.