Une greffe de cerveau pour le système nerveux du réseau d’électricité

Nous sommes en 1978. Pierre Trudeau est le premier ministre du Canada, Marion Dewar est la deuxième femme à occuper le poste de mairesse d’Ottawa et les Rough Riders terminent la saison en tête de la division Est. (Alerte au divulgâcheur : Ils perdront le championnat de la Coupe Grey.)

C’est aussi cette année que le disco fait fureur (grâce au film La Fièvre du samedi soir sorti en décembre 1977) et que les boîtes de nuit partout dans le monde installent des boules disco réfléchissantes et illuminent leur piste de danse au moyen de lumières multicolores clignotant au rythme de la musique. Je fais référence au disco simplement parce que c’est la façon la plus naturelle de glisser sur le sujet de l’électricité, comme dans la chanson Electric Slide! Vous comprenez le jeu de mots? Après ce silence embarrassant, entrons dans le vif du sujet.

Derrière les rideaux en perles à Ottawa Hydro, l’année 1978 est importante pour le réseau d’électricité de notre ville – où se produit quelque chose de révolutionnaire tout comme sur les pistes de danse à la grandeur d’Ottawa. D’aucuns utilisent l’expression « ordinateur surhumain ». Certains décrivent son circuit imprimé couvrant un mur entier comme une version géante animée du jeu fort coloré Lite Brite. Une chose est certaine : ce réseau de voyants clignotants représente le système nerveux complexe du réseau d’électricité d’Ottawa.

Ottawa Hydro, première société de distribution d’électricité en Ontario dotée du système SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition System), est scrutée au microscope au nom de l’expérimentation et suscite l’envie de nombreuses autres villes au Canada – voire dans le monde entier. Si le réseau d’électricité est le système nerveux d’une compagnie d’électricité, le système SCADA en est le cerveau omniscient.

En reliant le superordinateur du siège social et les postes de transformation, le système SCADA permet de localiser les interruptions de service, de réenclencher automatiquement les circuits, de répartir les équipes de réparation, de surveiller le niveau de tension et de signaler aux opérateurs tout changement survenu dans un poste non doté en personnel. Essentiellement, ce système permet les communications bilatérales avec le réseau d’électricité, si bien qu’Ottawa Hydro peut régler rapidement les problèmes, détecter les questions de sécurité avant coup et réparer les pannes de courant plus vite que jamais auparavant.

Il est difficile d’imaginer pendant combien de temps encore les résidents d’Ottawa auraient été privés de courant au cours des tempêtes de verglas de janvier 1998 et 2017 si le système SCADA n’avait pas marqué le début d’une nouvelle ère de sécurité et de fiabilité du service quelques dizaines d’années plus tôt. Les avantages de ce système sont manifestes et d’autres compagnies d’électricité n’ont pas tardé à suivre la tendance.

Le disco a commencé à perdre de sa popularité à la fin des années 1970. En revanche, le système SCADA a subsisté, devenant même le cortex cérébral de toutes les compagnies d’électricité canadiennes. Le mur de Lite Brite a subi le même sort que la boule disco, mais le système a évolué pour entrer de plain-pied dans le monde numérique – un peu comme nous téléchargeons et écoutons aujourd’hui du disco… euh, de la musique.

Près de 40 ans après l’adoption du système SCADA, bien des choses ont changé. Justin Trudeau est le premier ministre du Canada, Jim Watson en est à son deuxième mandat comme maire d’Ottawa et le Rouge et Noir a terminé la saison en tête de la division Est en 2016. (Alerte au divulgâcheur : L’équipe a remporté la Coupe Grey.)

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