Woody le Pic et les poteaux d’électricité

La relation complexe entre le pic et les poteaux de bois

« Comme un oiseau bleu en vol / Je veux juste rire et chanter / Je veux juste faire mon truc / Faire des trous dans les poteaux, ouais / Faire des trous dans les poteaux! » – Faire des trous dans les poteaux, Woody le Pic (Traduction libre de « Pecking Holes in Poles)

Pour bien des gens, la chanson de Woody le Pic est un classique intemporel de leur enfance. Même si le pic animé préféré de tous s’amuse à faire des trous dans les poteaux de bois, il s’agit d’un véritable problème qui a des conséquences beaucoup moins drôles pour les compagnies d’électricité et de télécommunications.

Le samedi 15 juillet dernier, 37 membres d’une équipe d’Hydro Ottawa se sont rendus sur le chemin Hawthorne pour y installer des poteaux en composite plus durables en remplacement de 26 poteaux en bois endommagés. À quoi ces dommages sont-ils attribuables? Eh bien, simplement aux pics présents sur notre territoire.

Le problème

L’obsession des pics pour les poteaux est un phénomène qui remonte aussi loin qu’en 1879, alors qu’on a documenté d’importants dommages au Texas. Depuis, il y a eu en Amérique du Nord d’autres cas variant selon la région, la taille des poteaux et le type de pic. Par exemple, la société Northeast Utilities de Hartford a déterminé que c’était le grand pic – l’espèce même de notre ami Woody – qui endommageait ses poteaux.

Les pics peuvent causer des dommages considérables aux poteaux des services publics : les trous atteignent parfois quatre pieds de profondeur! Et, pour empirer les choses, ces oiseaux n’utilisent jamais le même nid deux fois, ce qui signifie qu’ils reviendront assurément faire de nouveaux trous.

La recherche constante de nouveaux lieux de nidification cause des dommages et raccourcit la durée de vie des poteaux en bois. L’infiltration d’eau accélère la décomposition et l’affaiblissement des poteaux. Dans les pires cas, les trous réduisent souvent la résistance à la flexion des poteaux, ce qui les rend plus vulnérables à l’effondrement lorsque les conditions météorologiques sont particulièrement mauvaises.

Pourquoi les pics sont-ils obsédés par les poteaux?

En plus d’y faire leur nid, les pics vont souvent à la recherche de nourriture – et ils en trouvent parfois – à l’intérieur des poteaux des services publics. Mais il y a une autre raison encore plus fascinante pour laquelle ils martèlent avec leur bec l’infrastructure même qui soutient nos lignes électriques et téléphoniques aériennes : la défense de leur territoire.

Pour éloigner leurs rivaux pendant la saison de reproduction, les pics mâles martèlent les poteaux de bois afin de marquer leur territoire. Toutefois, des pics qui vivent au même endroit à longueur d’année tambourinent sur leur poteau préféré en toute saison.

Pourquoi notre ami le pic choisit-il les poteaux des services publics? Selon une étude encore d’actualité publiée en 1964, on croit généralement que les pratiques forestières modernes ont forcé les pics à trouver de nouveaux habitats et de nouvelles aires de reproduction. 

Bois, leurres ou composite

Certains ont installé des leurres dans le but d’effrayer les pics, mais ces oiseaux intelligents ne se laissent pas duper si facilement. Malgré cette solution moderne, ils continuent de causer des maux de tête à nos équipes.

Le recours à un matériau composite était une solution de rechange bien accueillie pour éviter que nos équipes en arrivent à se taper la tête contre les murs – ou contre des poteaux. Les poteaux en composite présentent d’innombrables avantages, entre autres :

  • Longévité : Les poteaux en composite ont une durée de vie moyenne de 80 ans, contre 40 ans pour un poteau en bois en bon état. En plus de faire baisser les coûts, la durée de vie nettement plus longue des matériaux composites réduit la fréquence de remplacement des poteaux, ce qui est particulièrement avantageux dans les zones difficiles d’accès.
  • Durabilité : Les poteaux en bois sont généralement enduits de produits de préservation qui augmentent leur longévité. Avec les poteaux en composite, dont la fabrication laisse en outre une empreinte carbone moindre, aucun produit de préservation n’est nécessaire.
  • Flexibilité : Il est possible de préfabriquer des poteaux en composite adaptés pour un terrain inégal et accidenté.
  • Résistance et durabilité : Les poteaux en composite sont plus légers, résistants et durables que ceux en bois, ce qui améliore leur fiabilité dans des conditions météo défavorables.

Woody le Pic ne serait peut-être pas d’accord, mais le remplacement des poteaux en bois le long du chemin Hawthorne par des poteaux en composite était tout à fait logique. Le prochain cycle de remplacement le long de cette artère n’aura probablement pas lieu avant environ 2097. Une nouvelle génération de préposés à l’entretien des lignes électriques – et les lointains descendants des pics d’aujourd’hui – patrouilleront alors notre ville.

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