Remplacement d’infrastructures électriques : la stratégie d’Hydro Ottawa

Il faut un gros réseau d’électricité pour répondre aux besoins énergétiques du territoire de service d’Hydro Ottawa. Dans cette zone de 1 116 kilomètres carrés, on dénombre 38 700 transformateurs, 50 000 poteaux, 12 700 kilomètres de lignes aériennes et souterraines, et plus de 80 postes électriques. Mais il faut savoir que de grandes portions de notre réseau, y compris de nombreux poteaux et transformateurs, ont été installés il y a plus de 40 ans. Plus ces actifs vieillissent, plus leur état se détériore, augmentant les risques de défaillance et mettant en péril la fiabilité de notre service d’électricité. Pour cette raison, nous tablons fortement sur les mises à niveau proactives et sur l’entretien préventif. Le but : maximiser le cycle de vie de nos actifs, améliorer la fiabilité du réseau et réduire les pannes.

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Pourquoi les infrastructures vieillissantes sont prioritaires
Nous savons bien que nos clients comptent sur la fiabilité de notre service. Nous gérons donc minutieusement le cycle de vie des composantes de notre réseau de distribution – pour que le courant passe sans interruption. Mais plus ces composantes prennent de l’âge et commencent à se dégrader, les risques d’interruptions augmentent. Avec le temps et sous l’effet des intempéries, les poteaux en bois se détériorent et perdent de leur solidité, un peu comme les clôtures en bois qu’on voit dans les quartiers résidentiels. De la même façon, après des années d’exposition à l’humidité et aux conditions météo extrêmes, les transformateurs se corrodent, ce qui peut entraîner leur défaillance.
À l’heure actuelle, environ 54 pour cent de nos actifs ont atteint la fin de leur durée de vie utile (DVU), c’est-à-dire la période pendant laquelle on prévoit qu’une composante ou un dispositif peut fonctionner correctement avant d’être remplacé ou remis à neuf. D’ici 2030, cette proportion devrait passer à 67 pour cent – sauf si nous prenons dès maintenant les mesures qui s’imposent.

Mises à niveau proactives fondées sur des données
Malheureusement, il est impossible de remplacer tous nos actifs vieillissants en même temps. Le coût serait trop élevé, et la main-d’œuvre et les matériaux requis pour de tels travaux seraient inimaginables, sans compter les perturbations intenses que subiraient les résidents et les entreprises. Alors, au moyen de nos programmes de tests, d’inspection et d’entretien, nous déterminons continuellement quels actifs doivent être remplacés sur-le-champ versus ceux qui peuvent attendre. Nous priorisons les composantes qui présentent les risques les plus élevés sur le plan de la fiabilité du service, de la sécurité et de l’environnement.

Certains actifs ont une DVU plus longue que d’autres. Bien qu’âgés, ils peuvent encore fonctionner à merveille. En conséquence, nous nous concentrons davantage sur l’état général et la durée de vie restante d’une composante et nous utilisons des données pour calculer son « indice de santé », comme nous disons dans notre jargon. L’indice de santé nous aide à prioriser des stratégies d’intervention et à déterminer si un remplacement est nécessaire.

Chaque type d’actif est évalué différemment à l’aide de diverses techniques, par exemple des inspections visuelles, des tests électriques et des balayages infrarouges. Nous tenons également compte de l’utilisation de l’actif et de l’environnement où il se trouve afin de déterminer la probabilité de défaillance et les répercussions possibles sur le réseau en cas de panne. En compilant tous ces facteurs, nous attribuons à l’actif une « cote de risque », qui sert à déterminer sa position sur l’échelle de l’indice de santé. Les actifs qui se retrouvent très bas par rapport à l’indice de santé – et qui sont donc considérés en « mauvais » ou en « très mauvais » état – présentent de plus grands risques de défaillance et doivent être remplacés plus rapidement.

Défis et potentiel du remplacement des actifs
Le remplacement d’infrastructures électriques n’est pas une mince tâche. Le processus sous-entend qu’il faille trouver le bon équilibre entre « urgence d’intervention » et « rythme de travail vivable ». Il faut certes régler rapidement les problèmes les plus épineux, mais aussi gérer soigneusement les répercussions sur nos clients.

Le plus grand défi? L’emplacement des travaux à réaliser. Aucun problème lorsqu’il s’agit d’installer de nouvelles infrastructures sur un terrain vacant faisant l’objet d’un lotissement. Mais lorsque nous revenons des décennies plus tard pour réparer ou remplacer des composantes, nous devons souvent travailler dans la cour arrière d’un client.

Dans ces circonstances, nous utilisons de l’équipement spécialisé, comme des grues, pour manipuler des poteaux plus longs ou plus lourds, particulièrement dans des lieux restreints. Pour l’excavation, nous recourons à des engins qui peuvent creuser des trous avec précision à l’aide de jets d’eau à haute pression et d’une technologie d’aspiration puissante, qui occasionnent moins de perturbations qu’une excavatrice traditionnelle. Le remplacement de poteaux à des intersections très achalandées exige pour sa part une planification et une coordination rigoureuses avec la municipalité afin de réduire les inconvénients causés par des rues fermées et des interruptions de service planifiées. Les mêmes préoccupations s’appliquent au remplacement de câbles souterrains, auxquels on accède souvent à partir de terrains résidentiels. Dans tous les cas, il est primordial de communiquer efficacement avec notre clientèle.

Lorsque nous remplaçons des actifs détériorés, nous saisissons l’occasion d’en améliorer les fonctionnalités en y intégrant des technologies qui n’existaient pas il y a 10 ans. Par exemple, l’installation de capteurs intelligents nous permet d’obtenir – en temps réel – de précieuses données sur l’état du réseau. Au moment de cibler des composantes à remplacer, nous envisageons toutes sortes d’options. Nous prenons nos décisions en fonction de tendances à long terme afin de nous assurer que les nouvelles installations demeurent viables et, surtout, qu’elles ne deviennent pas désuètes trop rapidement.

Entretien préventif pour prolonger la durée de vie des actifs
Mais que fait-on des composantes qui affichent un meilleur résultat en matière d’indice de santé? En ce qui concerne les actifs qui ne nécessitent pas de remplacement urgent, nous privilégions un entretien préventif pour maximiser leur DVU – et pour veiller à ce que nos infrastructures continuent à fonctionner de manière sécuritaire et efficace.

L’entretien préventif, c’est ce qui empêche les pépins mineurs de se transformer en problèmes majeurs. Certains types d’actifs requièrent un entretien régulier. D’autres doivent être mis au point après un certain temps pour continuer à jouer le rôle pour lequel ils ont été conçu. Il peut s’agir d’interventions mécaniques, comme un nettoyage, une révision de la tension, un serrage, un calibrage ou un réalignement. À titre d’exemple, notre programme de nettoyage des isolateurs cible les secteurs près des grands axes routiers où les sels de voirie risquent d’accélérer la corrosion. Autre exemple : nous installons des dispositifs de protection contre la faune pour empêcher les oiseaux et les écureuils de faire des nids et de fouiner tout près de certaines composantes sensibles.

L’élagage est une autre activité d’entretien fondamentale. En effet, un élagage régulier empêche les branches d’interférer avec les lignes électriques. Soulignons toutefois que l’abattage est parfois nécessaire lorsqu’un arbre risque de tomber, ce qui pourrait se traduire par des pannes ou des enjeux de sécurité, particulièrement par mauvais temps.

Récemment, nous avons adopté une technologie d’imagerie par satellite pour optimiser la gestion de la végétation. Cette technologie balaie le réseau deux fois l’an : elle cible les secteurs qui présentent des risques élevés et repère des arbres morts ou mourants, comme en témoignent les faibles niveaux de chlorophylle sous la lumière infrarouge. Cette nouvelle pratique optimise non seulement notre cycle d’élagage, mais elle met aussi en lumière des profils environnementaux, par exemple du stress attribuable à des organismes nuisibles ou à des phénomènes météo extrêmes, ce qui nous procure un portrait plus clair des défis possibles dans l’ensemble du réseau.

Bâtir un réseau plus solide et plus fiable
Certes, bien que l’entretien préventif puisse contribuer à prolonger la durée de vie des actifs, ceux-ci doivent tôt ou tard être remplacés.

Et une autre chose est certaine : notre collectivité a besoin d’un avenir énergétique durable. Les décisions que nous prenons quant à nos infrastructures doivent donc être appuyées par une planification et des investissements stratégiques. Si on tient compte, d’une part, du renouvellement d’infrastructures cruciales et, d’autre part, de la nécessité de répondre à la demande croissante d’électricité, on arrive au constat suivant : les investissements requis vont éclipser tout ce qui a été dépensé au cours des 100 premières années d’existence de notre réseau.

Pour nous, ces investissements sans précédent dans la modernisation de nos infrastructures essentielles constituent la meilleure façon d’approvisionner un avenir plus fiable et lumineux.

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